Eric Zurcher, Les Apparitions mondiales d’humanoïdes

Eric Zurcher
Eric Zurcher

Le présent article regroupe mes notes de lecture de l’essai d’Eric Zurcher intitulé Les Apparitions mondiales d’humanoïdes (JMG EDITIONS, Collection Enigma, 2024), qui concerne le phénomène OVNI.

Cet essai a fait l’objet d’une discussion entre l’auteur Pierre-Yves Lenoble et moi, sur sa chaîne YouTube, disponible ci-dessous :

Eric Zurcher parle d’apparitions d’humanoïdes associées à des objets volants.

Le propos relève donc de l’ufologie.

Il parle des RR3 : rencontres rapprochées du 3 type.

RR1 (Rencontre rapprochée du 1er type) : observation d’un OVNI à distance, sans effet physique particulier.

RR2 (2e type) : observation avec effets matériels ou physiques (traces au sol, panne moteur, interférences, brûlures, radar, etc.).

RR3 (3e type) : observation d’entités associées à l’OVNI (humanoïdes, occupants, êtres).

RR4 (4e type) : enlèvement ou interaction directe prolongée avec les entités (abduction).

Car elles donnent des informations de première main sur le phénomène. C’est une interaction entre le phénomène et l’observateur.

Problème : cas loufoques, incohérents, incassables, difficiles à prendre au sérieux. Donc évacués par les ufologues classiques.

Même problème avec les RR4.

Les ufologues préfèrent les RR1 et RR2 : apparitions lointaines, focus le côté matériel (photos, vidéos, données radars, etc.).

Ces apparitions sont très diverses, mais elles présentent des invariants qu’il faut identifier.

Le livre dresse un inventaire représentatif de ce phénomène de 1944 à 2015. 106 cas listés.

On peut penser que c’est faible mais en fait c’est bien dense, d’autant que certains motifs se répètent d’apparition en apparition.

Au total, y a quelques milliers de cas de RR3 documentés dans le monde.

Pas énorme, mais peu de témoins parlent au regard du côté fantasque des apparitions.

Il y a même des cas au 19e siècle avec les dirigeables fantômes.

Zurcher s’intéresse aussi bien à l’apparition qu’au témoin, à sa condition psychologique avant, pendant et après. Car le phénomène agit sur le témoin.

2 types de réactions :

* bénéfique : changement de paradigme, bonheur, changement radical de vie.

* négative : traumatisme à vie, anxiété, redoutent de voir à nouveau le phénomène.

Comme une initiation spirituelle qui échoue ou réussit.

Après la rencontre, les témoins ont du mal à donner du sens à ce qu’ils ont vu : « brouillage humain ». Le cerveau humain essaie de rationaliser l’expérience qui n’est pas rationnelle. Le cerveau agit comme un filtre..

  • physique impossible, angles droit, vitesse, etc, changement de forme de l’objet
  • lumières et bruit pour attirer l’attention des témoins (ostentation)
  • protéiforme : plein d’objets et d’humanoïdes
  • interaction avec la conscience
  • élusivité

Très peu de cas sont identiques. C’est spécifique pour l’observateur qui est au centre de l’apparition.

Mais, pas pris au sérieux par les ufologues car :

  • scénarios incohérents,
  • comportements absurdes,
  • mise en scène théâtrale,
  • symbolisme étrange,
  • logique non scientifique.

Au début : on fait face à des aliens qui viennent du système solaire : lunes de Jupiter, Mars, Vénus, ou d’un système solaire proche. Le contact est imminent.

Puis, en comprenant l’ampleur des dimensions de l’espace : on repousse de plus en plus leur origine supposée, mais le contact est toujours imminent. On attend une révélation rapide.

Mais plus le temps passe, et plus les ufologues comprennent qu’ils n’y comprennent rien.

Et c’est cyclique : on a des phases pendant lesquelles les ufologues pensent comprendre le phénomène jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’ils sont largués.

On est dans cette phase en ce moment avec les révélations américaines qui sont imminentes depuis plusieurs années.

Et dans le même temps : J.D. Vance et des sénateurs américains qui ont travaillé sur le dossier disent que les OVNI sont des démons. Expériences au Skinwalker Ranch qui essaient de relier le dossier ovnis au paranormal.

La peur des ufologues est d’être relié au paranormal. Ils veulent que ça soit scientifique, concret, palpable, et écartent tout ce qui renvoie au paranormal, à l’impalpable. Approche « tôle et boulons » : ces objets sont matériels et viennent d’ailleurs.

Problème de l’hypothèse extraterrestre : on ne peut pas les comprendre, donc l’ufologie ne sert à rien.

Années 50 : boulons, métal, hommes en scaphandre, grands blonds vénusiens, ou petits hommes (ancêtres des petits gris). On est proche de l’imaginaire lié à l’exploration spatiale. C’est cohérent avec ce que le public attend de l’avenir.

Ovnis qui ressemblent à des fusées et qui crachent du feu au décollage. Ressemblent à des avions, des hélicoptères, des voitures ou des locomotives.

Mais plus le temps passe et plus c’est protéiforme : plein de races différentes et d’objets de formes différentes. Théorie du zoo : on est visité par plein d’aliens de pleins de galaxies.

Années 70 – 80 mimétisme : avions, hélicoptères, voitures, trains, mais toujours avec un truc bizarre, insolite.

En fait, le phénomène évolue avec nos représentations mentales.

Quand on analyse des cas anciens, on voit le côté kitch, daté.

Le phénomène veut être compris par les témoins de cette époque.

Les apparitions sont une forme de communication initiée par une intelligence supérieure en direction des témoins humains.

Cette communication prend la forme de symboles, de signes, d’archétypes.

Pour certaines cultures, les témoins vont voir des anges, la Vierge, des djinns.

Le contexte socio-culturel des témoins est important car le phénomène s’adapte aux témoins.

Ce phénomène est lié au Zeitgeist : l’esprit du temps.

Message de fond : la physique n’est pas ce que vous pensez. Le temps et la matière sont malléables.

Confiance en l’avenir, progrès technique, exploration spatiale.

Nécessité de prendre soin du monde, message écolo.

Des invariant physiques.

Le phénomène contrôle toutes les conditions environnementales : silence, solitude. Le temps est comme suspendu (bulle quantique). Puis après tout redevient normal.

« Effet d’oz » : déformation de l’espace temps.

Pour gérer ça il a forcément accès à des infos non palpables : passé proche et avenir proche, pour intervenir pile au bon moment. Le phénomène est quasi omniscient.

Le phénomène parle intérieurement aux témoins. Il communique avec la conscience.

On est à la croisée du physique et du psychique.

Donc si on analyse uniquement le côté matériel on passe à côté du phénomène.

Mais c’est pas seulement une expérience intérieure car les objets peuvent être vus de loin par d’autres témoins, laisser des traces au sol, ou être repéré par des radars.

Le phénomène maîtrise une « hyper physique » dans laquelle la conscience et le temps jouent un rôle.

Particularité de ces apparitions : totalement inattendues, arrivent, diffusent leur message symbolique, et repartent.

Les témoins observent ce que le phénomène veut bien leur montrer.

  • positionnement préalable : l’ovni était déjà là avant que le témoin arrive, et il repart comme s’il était surpris
  • effets lumineux ou sonores : le phénomène attire l’attention des témoins, parfois pendant près d’une heure, et seuls les témoins choisis voient le phénomène
  • arrivée intrusive du phénomène dans le champ visuel

On observe toujours les étapes suivantes : ostentation (attirer l’attention) –> observation –> élusivité (fuite, disparition)

Pendant la phase d’observation, on a un « effet vitrine » : le phénomène délivre la substance du message aux témoins.

Cet « effet vitrine » est souvent une imitation grossière d’activités humaines : labour, cueillette, réparations, prélèvements au sol, préparation au décollage.

La phase d’observation est une pièce de théâtre conçue pour les témoins.

Le phénomène n’est pas surpris par accident, il se montre volontairement. Et quand il a fini de passer son message, il disparaît.

Cas où le témoin veut s’approcher trop près : rayon paralysant, choc électrique, stupeur, frayeur soudaine.

Intrusif : il s’introduit volontairement dans.

Elusivité : il disparaît quand on essaye de le saisir.

Le phénomène joue un jeu d’équilibriste entre son côté intrusif (il apparaît volontairement dans l’environnement du témoin) et son côté élusif (fuite soudaine).

S’il est trop intrusif : la science s’en empare car il y a de la matière à analyser, alors que pour l’instant c’est juste une anomalie dérangeante pour l’instant.

S’il est trop élusif : personne n’en parle, car y a rien à en dire.

Cet équilibre montre que ce phénomène a une volonté propre, une intelligence.

Pour que cet équilibre fonctionne, le phénomène doit contrôler toutes les informations : état d’esprit des témoins + environnement local + avenir proche. Il agit pile au bon moment, et des fois anticipe l’arrivée du témoin : cueillette, positionnement préalable.

Le phénomène contrôle tout, c’est pour ça qu’il n’y a jamais d’accident, d’ovni capturé en direct live vidéo, de capture d’êtres.

Le secret de la rencontre n’est pas une technologie supérieure, mais l’hyper physique : l’accès à des informations en amont et en aval : passé proche et avenir proche. Et la bulle quantique qui isole les témoins du reste du monde pendant l’apparition.

Il y a une intrication culturelle entre le phénomène et la conscience globale (zeitgeist).

Piste de la conscience : est-elle localisée dans le corps ou délocalisée ?

Si délocalisée et si infos disponibles, alors pas de libre arbitre.

Apparitions des RR3 renvoient à la littérature médiévale, aux banquets magiques dans les forêts, à la rencontre d’animaux mystérieux qui initient la quête du chevalier (cerf blanc), les châteaux qui accueillent le chevalier pour une nuit et qui ont disparu le lendemain, les femmes au milieu de la nature qui accueillent le chevalier pour une nuit et qui disparaissent d’un coup au matin.

En fait quand tu t’intéresses à ça, tout te renvoie vers des expériences très anciennes.

De moins en moins de RR3 mais de plus en plus de RR4 : changement de forme du phénomène, et encore plus dur d’obtenir des témoignages car les gens n’en n’ont pas conscience : régression sous hypnose souvent nécessaire.

Renvoi aux succubes et aux incubes, les enlèvements par les fées.

John Keel : ce sont les mêmes forces qui agissent depuis des millénaires.

Le phénomène apparaît dans des lieux déjà marqués, un peu comme une hantise. Cf toponyme : « plateaux du diable », etc. Marqués par des événements anciens ou des sensations dérangeantes.

Lieux de légende et de rumeurs paysannes.

Pour Zurcher, ce sont les sémiologues les mieux armés pour analyser le phénomène.

Sémiologie = étude des signes.

Lien entre le symbole et le message : entre le signifiant et le signifié. Comme le langage des signes. Phénomène ovni = façon de communiquer entre deux intelligences qui ne parlent pas le même langage. Mais communication à sens unique : on reçoit des infos qu’on interprète mal.

Le phénomène nous mime, il imite nos propres actions. Il veut nous dire quelque chose sur nous.

Incohérence : on sait communiquer. Une intelligence supérieure pourrait apprendre un langage pour communiquer.

Mais là on dirait qu’elle est pas sur le même plan d’existence que nous.

Parallèles avec Carl Gustave Jung :

  • l’humanité partage des structures symboliques profondes,
  • les archétypes remontent spontanément dans les rêves, mythes, visions et religions,
  • les symboles changent de forme selon les époques mais gardent une structure stable.

Exemples : anges, fées, djinns, démons, extraterrestres, visiteurs interdimensionnels.

Tout ça pourrait être différentes traductions culturelles d’une même structure psychique profonde.

Rapprochement avec le néoplatonisme

Zürcher suggère :

  • que la conscience pourrait être fondamentale,
  • que la réalité matérielle serait secondaire,
  • que le phénomène agit depuis un autre plan d’existence,
  • que le monde physique est malléable,

Donc proximité avec le néoplatonisme, le monde des idées platoniciennes (Plotin notamment) :

  • le monde matériel est une émanation,
  • la réalité profonde est supra-matérielle,
  • les formes visibles sont des manifestations dégradées d’un ordre supérieur.

Le phénomène OVNI chez Zürcher semble fonctionner pareil :

  • il « descend » dans notre réalité,
  • prend des formes compréhensibles,
  • adapte son apparence aux esprits humains.

Le rapprochement avec le bouddhisme

  • la réalité comme construction de la conscience,
  • le caractère illusoire des formes,
  • le monde phénoménal malléable,
  • l’absence de séparation nette sujet/objet.

Le monde perçu dépend du niveau de conscience, les êtres voient différentes réalités selon leur condition mentale.

L’humanité rapporte depuis toujours des manifestations anormales (« signes du ciel », « merveilles », « prodiges », etc.) qui semblent adapter leur forme au cadre mental de l’époque.

Le phénomène brut n’est pas compréhensible, il a besoin de s’habiller pour parler aux témoins, et l’habillement dépend du contexte socio-culturel. Le contenu change, mais la structure reste.

La conscience n’est pas produite par la matière. C’est peut-être la matière qui est organisée par la conscience.

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