Y aura quelque chose (YKK) ou Y aura rien (YRR) ?
On vous dit que la France va faire faillite, que l’Etat va s’écrouler, que les retraites ne seront plus payées, que les fonctionnaires ne seront plus payés non plus.
Vous entendez ces discours depuis 5, 10, voire peut-être 15 ans. Vous avez peur.
Rassurez-vous, c’est totalement bidon. Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles. Y aura rien.
Vous pouvez cesser d’écouter Pierre JOVANOVIC, Olivier DELAMARCHE, Charles GAVE et Marc TOUATI.
Y a rien eu l’an dernier, y a rien cette année, et y aura rien l’année prochaine.
Peu importe la catastrophe qu’on vous annonce, gardez ça en tête : y aura rien. On vous promet qu’il y aura quelque chose (YKK), mais, comme toujours, y aura rien (YRR).
Qu’entend-on vraiment par “faillite d’un État” ?
Quand on parle d’un pays développé, la faillite signifie une crise de solvabilité ou de liquidité à grande échelle, par exemple :
- incapacité à refinancer sa dette sur les marchés,
- note de crédit qui chute drastiquement,
- incapacité à payer les intérêts à l’échéance,
- défiance des investisseurs,
- sorties massives de capitaux,
- fuite des banques.
Sauf si elle choisit délibérément de ne pas honorer ses dettes, ce qui est extrêmement rare et coûteux, la France ne fera pas faillite, n’en déplaise aux « Y aura quelque chose ».
Scénarios plausibles (rangés par probabilité)
1 — Crise budgétaire / dette élevée
La France a une dette publique élevée, qui ne cesse d’augmenter, avec des déficits récurrents :
cela peut mener à une pression accrue sur les marchés, une hausse des taux à long terme, et une réduction mécanique des marges budgétaires.
C’est probable, mais pas fatal.
2 — Crise de refinancement
Si les taux remontent, l’État paie plus cher pour financer sa dette. À un certain niveau, les marchés pourraient exiger des rendements trop élevés pour que la France puisse payer.
Possible, mais contrôlable par la BCE.
3 — Défaut pur et simple
La France dit : “Nous ne remboursons plus X % de notre dette.”
Scénario extrêmement improbable pour une grande économie développée.
Comment la zone euro réagirait à une crise française sévère
Déjà, on ne va pas dévaluer l’euro juste pour sauver la France. Ce n’est pas la France mais la Banque Centrale Européenne qui contrôle l’euro, et la BCE ne va pas plomber la monnaie pour sauver la mise d’un seul pays.
La BCE a des mécanismes de soutien
Ces outils ont déjà été utilisés pour :
- la crise de la zone euro (2010–2012),
- la crise rhume-19 / grippette-19
- les chocs énergie
Elle peut donc :
1 — Avoir une politique monétaire accommodante en
- achetant plus de dette française,
- maintenir des taux bas,
- accepter une plus grande inflation temporaire.
- fournir des liquidités aux banques.
Ça ne “résout” pas tout, mais empêche l’effondrement des marchés.
2 — L’UE peut utiliser des outils comme :
- Mécanisme européen de stabilité (MES),
https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/qu-est-ce-que-le-mecanisme-europeen-de-stabilite-mes
- Fonds de relance (pareil à NextGenEU),
https://www.vie-publique.fr/fiches/279587-en-quoi-consiste-le-plan-de-relance-next-generation-ue
- Fonds de cohésion.
https://www.touteleurope.eu/l-europe-et-moi/le-fonds-de-cohesion
Tout a été pensé pour que la faillite n’arrive jamais et pour que l’UE ne s’écroule jamais.
3 — L’UE peut faire passer des réformes structurelles pour :
- réduire les dépenses,
- privatiser,
- réformer le système social,
- repenser les dépenses publiques.
4 — Scénario extrême : restructuration
Dans ce cas :
- une partie de la dette serait rééchelonnée,
- des taux allégés,
- conditionnalités avantageuses associées.
Ce serait une restructuration, pas une faillite.
Encore une fois : tout a été pensé pour garantir à l’UE, en tant qu’empire technocratique dictatorial, un règne de mille ans.
Prions la Comète, et prions l’Atome
Vous n’y échapperez pas. Et même dans un siècle, des prophètes annonceront la fin de l’UE pour demain matin.
Une Faillite pure de la France impliquerait :
- l’effondrement bancaire,
- la sortie de l’euro,
- le chaos financier.
Ce miracle n’arrivera pas. Seule la sainte comète, ou la guerre thermonucléaire généralisée, mettront un terme au règne de la modernité technocratique.
Psychologie du consommateur d’Apocalypse
Maintenant passons au cœur du sujet : pourquoi écoutez-vous des récits d’apocalypse économique ? Qu’est-ce que ça vous apporte psychologiquement ? Pourquoi vous écoutez Charles GAVE et ses copains alors que vous pourriez faire autre chose à la place ?
On va aller dans le détail, mais la raison profonde c’est que vous avez l’espoir que la situation s’améliore après l’apocalypse. Vous faites partie de ces gens qui voient que tout va mal et qui pensent qu’il faut repartir sur des bases saines. Tout cramer pour repartir de zéro. Vous avez l’espoir que les choses aillent mieux à l’avenir. On est lundi, le ciel est nuageux, et vous espérer qu’il y aura de l’orage demain, mardi, pour que le soleil arrive mercredi afin que vous puissiez aller au parcs avec vos enfants.
Le cœur de votre psychologie, c’est ça.
Or, je vous le dis mes amis, rien ne nous sauvera du déclassement, de la paupérisation et de la tiers-mondisation. Rien, à part la sainte comète et la guerre thermonucléaire. Tous ensemble, prions l’atome.
Pourquoi ces récits apocalyptiques fonctionnent
Les discours apocalyptiques reposent sur 5 leviers :
- La peur primitive
« Tu ne pourras plus retirer ton argent. » - La perte de contrôle
« L’État va bloquer tes comptes. » - La révélation cachée
« On te ment, moi je sais. » - La simplification
« Tout va s’écrouler → prépare-toi. » - La prophétie toujours repoussée
« Pas cette année… mais bientôt. »
Avant les prophètes d’apocalypse financière, y avait les survivalistes qui vendaient des sacs de survie à 300€ et des formations à 2000€ pour apprendre à reconnaître les plantes et à recycler l’eau de pluie.
Ces gens-là ont disparu mais ils ont été remplacés par d’autres margoulins vendeurs de formation sous format PDF et des conseils en investissement dans des fonds de gestion bidons.
Pourquoi leur scénario est faux mais pas absurde ?
Leurs prophéties s’appuient sur le Liban, l’Argentine, le Venezuela et la Grèce.
Le problème est qu’ils appliquent le scénario de pays périphériques à une économie centrale de l’UE.
C’est une erreur de modèle.
Ils vous disent que vous ne pourrez plus retirer votre argent mais la BCE garantit les liquidités, les banques ont accès illimité à la BCE et les dépôts sont garantis jusqu’à 100 000€.
Ils vous disent que les paiements seront bloqués mais ça impliquerait de bloquer les paiements dans tous les pays de l’UE, puisque tous les pays membres utilisent la même monnaie.
Ils vous disent que les retraites ne seront plus payées aux petits vieux alors que la BCE peut créer des milliers de milliards d’euros en un week-end, avec deux lignes de commande sur le terminal de leur serveur.
Ils vous disent que les fonctionnaires ne seront plus payés alors que c’est la première catégorie socio-pro que l’Etat protège, sinon il n’y a factuellement plus d’Etat.
Le vrai scénario noir réaliste
C’est pas Mad Max ou le Liban. C’est plutôt :
- coupes budgétaires
- impôts plus élevés
- inflation persistante
- perte de pouvoir d’achat
- dégradation des services publics
- montée du privé
- tensions sociales
Mais pas d’arrêt des paiements, pas de fin de l’euro, et pas de disparition de l’État.
La faillite française c’est l’effondrement de l’euro, qui provoquera lui-même une crise mondiale. Qui laisserait un truc pareil se produire ?
Conclusion
Tu vis dans un pays très endetté, politiquement bloqué, avec des jeunes diplômés paupérisés, et une classe moyenne qui décline. L’angoisse est légitime. Mais l’issue n’est pas l’effondrement brutal. C’est la tiers-mondisation lente.
En cas de pépin, l’UE ne va pas envoyer des chèques à la France, mais elle va racheter sa dette, inonder les banques avec des prêts à taux nul et laisser filer l’inflation.
La BCE ne sauvera pas la France en la rendant prospère. Elle la sauvera en la maintenant sous perfusion. Tout va devenir plus cher, plus lent et plus dur.
On aura encore plus d’Etat pour nous fliquer et nous pourrir la vie, plus de contrôles des mouvements bancaires par le fisc pour nous empêcher de vendre des bouquins d’occasion ou de vieilles pompes dans payer de TVA dessus, Aldi et Lidl deviendront des anciennes de luxe, et les services publics seront encore moins efficaces.
