Contre-histoire de l’Antiquité
L’Antiquité, c’est l’âge d’or des pyramides, des dieux capricieux, des lois gravées dans la pierre et des premiers fonctionnaires à plumes. On y célèbre l’écriture, l’architecture monumentale, l’astrologie ou encore les grands calculs mathématiques. Mais la contre-histoire préfère gratter le vernis.
Derrière les temples et les calendriers solennels, on retrouve surtout des bouts de ficelle, beaucoup de sueur, et des illusions de grandeur qui ont vite tourné à la corvée. L’Antiquité vue autrement, c’est un théâtre d’expériences humaines où le ridicule n’a jamais été très loin du sacré.
La réalité derrière les inventions de l’Antiquité
Invention des armes en métal (épée, lance, hache)
Voilà qu’ils ont inventé une lame longue comme un bras pour se battre ! Mais quelle idiotie ! Ils vont finir par se couper eux-mêmes avant de toucher l’ennemi.
. « Il faut la forger, l’aiguiser, l’entretenir, et en plus ça rouille. Je les vois déjà, les jeunes, à se pavaner avec leurs épées trop fines, à faire des moulinets dans le vent comme des danseuses. Moi, une bonne massue, un caillou dans le crâne, et c’est réglé. Et avec un bâton, je tape vite et fort. J’ai pas besoin d’artifice.
C’est une mode d’apparat pour adolescents. Bientôt, ils reviendront aux vraies armes : simples, solides, mortelles. Les épées, c’est bon pour les chefs qui ne vont jamais au combat.
Invention de l’écriture (cunéiforme, hiéroglyphes)
Graver des signes sur de l’argile ? Quelle idée absurde ! À quoi bon ? Et si tu fais tomber ta tablette et qu’elle se casse ? On a toujours bien transmis les histoires par la parole, de père en fils, sans oublier un seul mot ! Passer des heures à tracer des petits traits ou des oiseaux sur des cailloux et des poteries, c’est bon pour les oisifs et les prétentieux.
Moi, quand je veux me souvenir de quelque chose, je fais travailler ma mémoire, et ça marche !
Ces petits dessins gravés sur l’argile n’intéresseront personne. Les gens n’ont pas le temps de se promener avec une tablette et un stylet ! Dans deux générations, on rira de ces gribouillages.
Codification des lois (Code d’Hammurabi)
Alors maintenant, on grave les lois dans la pierre pour que tout le monde les lise ? Quelle manie du contrôle ! Avant, on avait les anciens, la coutume, la parole donnée, la mémoire, et ça nous suffisait ! Écrire les lois, c’est pour ceux qui n’ont pas l’autorité dans la voix, qui n’ont pas le tempérament pour appliquer la tradition.
Moi, je rends justice avec mon bon sens et mon gourdin. J’ai pas besoin de faire prévaloir des lois écrites.
On va finir avec des procès pour savoir si on a volé un œuf, une chèvre ou un litre d’eau. A ce moment-là, on comprendra que les lois ne servent à rien, et qu’une bonne taloche met tout le monde d’accord.
Irrigation et canaux
Tirer l’eau jusque dans les champs ? Tu parles d’une complication ! L’eau, ça vient du ciel, ou alors on va la chercher avec des sceaux. Comme on a toujours fait ! Ces tuyaux en terre cuite, ça va se boucher, se casser, et il faudra toute une équipe d’hommes pour les entretenir. Il n’y a que les rêveurs qui veulent cueillir des figues sans se salir les mains pour y croire.
Moi, quand je veux arroser mon champ, j’adresse des prières aux dieux et ils finissent toujours par me répondre.
L’eau, elle a sa volonté propre ! On ne la dompte pas avec des fossés. Dans quelques crues, tout sera emporté. On reviendra bien vite aux seaux et aux dieux de la pluie !
Calendriers solaires et lunaires
Mettre l’année dans des cases ? Non mais vous croyez qu’on va vivre au rythme de petits gribouillis sur une tablette ? Le soleil se lève, on se lève ! Il se couche, on dort ! C’est pas plus compliqué ! Ces décomptes d’éclipses, de cycles et de lunes, c’est pour les fainéants qui passent leur temps à regarder le ciel au lieu de moissonner.
Moi, je sais que c’est le printemps quand mon champ fleurit, et je sais que c’est l’automne quand les feuilles tombent des arbres. J’ai pas besoin d’une pierre pour savoir à quel moment de l’année on est.
Tout ça, c’est des bêtises. A l’hiver prochain, ces grands esprits ne sauront plus quel jour on est. On finira tous par s’en remettre à la bonne vieille cloche du temple.
Astrologie et calculs astronomiques
Observer les étoiles et prédire l’avenir ? Quelle farce ! Moi, je regarde les astres pour me repérer, pas pour savoir si je vais me casser une dent demain ! Ces devins, avec leurs calculs et leurs observations célestes, ce sont des charlatans déguisés en savants. Qu’ils viennent donc faire une récolte, au lieu de lire le destin dans le ciel !
Moi, mon avenir, je construis tout seul, à la force de mes mains. Tant je pourrai cultiver mon champ, je sais que j’aurai toujours de quoi me nourrir.
Bientôt, tout le monde aura sa prophétie quotidienne, et on comprendra alors que tout était faux depuis le début. On jettera ces devins dans un puits et on retournera bécher notre terre.
Navigation à voile
Voilà que les marins mettent un torchon au vent pour avancer sur l’eau ! Non mais quelle sottise ! Ils demandent à Eole de faire tout le travail à leur place. Et quand il n’y aura pas de vent, ils feront comment ? Et si leur toile se déchire ? Il faudra avoir toute une panoplie de voiles à bord, ainsi que des lavandières pour les nettoyer pendant qu’on y est !
Moi, j’utilise une rame et je suis maître de ma barque. C’est solide, fiable, ça fait les bras et ça me mène où je veux. Je n’ai pas besoin de supplier les dieux pour qu’ils fassent souffler le vent. Une rame, voilà ce qu’il faut !
Cette histoire ne durera pas longtemps, moi je vous le dis. Lors de la prochaine tempête, tout le monde comprendra que le vent c’est bon pour sécher le linge, mais pas pour traverser la mer !
Monnaie frappée
Alors comme ça, il faut utiliser des bouts de métal pour faire du troc, dorénavant ? Mais quelle idée stupide ! Une chèvre, ça a de la valeur ; ça donne du lait et ça se mange. Une pièce, ça fait juste du bruit quand ça tombe, et ça fait des trous dans les poches ! Il faut être fou pour échanger sa nourriture contre des morceaux de métal.
Moi, j’échange du pain contre du poisson, et tout le monde y gagne. J’ai pas besoin d’un forgeron pour me dire que ses petits disques dorés ont plus de valeur que mon mouton.
Tu verras que ça va créer des voleurs et des escrocs. Bientôt, on achètera des choses sans rien donner en retour ! c’est la fin du monde honnête. Et le jour où on aura eu de mauvaises récoltes, les collectionneurs de piécettes comprendront que le métal ne se mange pas.
Invention du papyrus et du parchemin
De nos jours, il faut écrire sur des feuilles aussi fragiles que des ailes de papillons ? Alors quoi, les pierres c’est trop lourd maintenant ? Leurs feuilles, là, ça va se déchirer à la première averse ! Regarde-moi ces scribes délicats avec tous ces rouleaux fragiles.
Moi, j’écris sur du solide, de l’éternel : sur de la bonne pierre ! Pas sur des feuilles qui se craquèlent.
Ça ne tiendra pas. On va perdre des textes à cause du vent, de l’humidité, ou des rats ! Vous verrez. On en reviendra au bon vieux burin et à la roche.
Arithmétique et géométrie
Compter les cailloux et mesurer les angles ? Mais pour quoi faire ?! Tu veux planter une vigne ou construire une maison ? Tu regardes, tu alignes, tu agis. Ces apprentis sorciers veulent tout réduire à des chiffres, comme si la nature obéissait à des lignes droites !
Et maintenant les enfants passent plus de temps à dessiner des triangles qu’à porter des briques. C’est pas avec ça qu’on va construire des maisons ! On est en train de produire une génération de feignants incapables de soulever une poutre !
Moi, j’ai bâti ma maison, ma ferme, mon grenier et tout un tas de cabanons sans avoir jamais eu besoin de faire de gribouiller sur le sol.
Cette occupation, ça sera un passe-temps de riches, tout au plus. Les hommes sérieux n’ont pas besoin de démonstrations pour construire un mur droit.
Machines simples : levier, poulie, vis d’Archimède
Alors comme ça, on construit des machines de nos jours ? Encore des inventions pour éviter de se fatiguer… Un bon coup de rein, ça vaut mieux qu’un bâton tordu ou une corde qui grince ! Les jeunes croient qu’ils vont soulever des montagnes avec une planche, une corde et une pierre. Ils se prennent pour Apollon et passent plus de temps à ajuster leur machine qu’à utiliser leurs bras.
Moi, je soulève tout avec mes muscles et un peu d’huile de coude. J’ai pas besoin d’une machine qui ferait tout à ma place.
Tout ça finira au fond d’un atelier poussiéreux, avec les autres bidules bizarres. Les vrais bâtisseurs, eux, continueront à faire comme toujours : à la main, avec courage.
Aqueducs et routes romaines
Des tuyaux pour amener de l’eau jusque dans les villes, et des routes pour marcher droit ? Quelle folie ! L’eau tombe déjà du ciel, et les chemins ça se façonne avec les pieds. Tous ces ingénieurs prétentieux qui mesurent des pentes et des dénivelés … C’est pour ceux qui ont peur de se mouiller les sandales. Les routes, ça se fissure et il faut les entretenir, ça fait perdre du temps. Les aqueducs, ça fuit et il faut les réparer, ça rajoute du travail.
Moi, je bois au ruisseau et je marche à travers la forêt. Je fais au plus court et au plus simple.
On en rira dans cent ans, quand tout sera envahi par les ronces. La nature reprend toujours ses droits.
Médecine hippocratique
Diagnostiquer les maladies en regardant l’urine et en palpant le ventre ? Mais c’est répugnant ! Avant, on priait les dieux, on buvait une tisane, et ça passait ou pas. Ces médecins en toge, avec leurs grimoires et leurs airs savants… Ils croient qu’ils vont tromper la mort avec une décoction et un régime.
Moi, je guéris avec du repos et du vin. J’ai pas besoin de jeûne ni de saignée.
Le corps, c’est le domaine des dieux. Vouloir le comprendre, c’est déjà le trahir. Leur médecine ne sauvera personne. Dans quelques saisons, les patients de ces charlatans seront tous morts.
Théâtre grec, tragédie, comédie
Il paraît que des adultes se déguisent, mettent des masques et déclament des histoires devant des foules ? On appelle ça le théâtre. Quelle perte de temps ! Et quelle décadence ! On a donc atteint un tel degré de fainéantise qu’on regarde des gens faire semblant de vivre une vie qu’ils n’ont pas ? Tu veux vivre une tragédie ? Travaille la terre sous la pluie. Voilà du vrai drame. Ces comédiens, toujours à se donner en spectacle… Ils veulent t’enseigner la vie alors qu’ils ne savent pas poser une pierre ou garder un troupeau.
Moi, j’ai connu des guerres et des famines. J’ai pas besoin d’un gars maquillé pour comprendre la vie.
Ça va pas durer bien longtemps. Tous ces gens qui perdent leur temps dans les théâtres vont bien finir par comprendre qu’ils doivent travailler s’ils veulent manger. Quand leur ventre les tiraillera, ils retourneront aux champs.
Démocratie athénienne
Alors maintenant, chaque péquenaud va donner son avis sur la façon de gérer la cité ? Et pourquoi pas laisser les chèvres voter pendant qu’on y est ? Ces jeunes idéalistes qui croient que la discussion remplace l’action… Ils passent leurs journées à débattre sur la longueur des routes et à voter des lois qu’ils ne comprennent même pas.
Moi, j’écoute le chef, je fais ce qu’il dit, et le village tient debout. On n’a pas besoin de palabres.
La démocratie va s’effondrer sous son propre poids. Quand tout le monde commande, personne n’obéit. Et sans obéissance, c’est le chaos. Que les démocrates s’amusent tant qu’ils veulent. Dans deux ans, on aura oublié leur idéal.
Philosophie
C’est quoi la philosophie, au juste ? Penser pour penser ? Qu’est-ce que ça veut dire tout ça ? Tu veux savoir pourquoi le vent souffle, et si la justice est une idée ? Et tu comptes récolter combien de tonnes de patates avec ça ? Tu comptes nourrir ta famille avec des idées ? Ces barbus oisifs passent leur vie à poser des questions mais ne trouvent jamais de réponse. Et leurs disciples, là, à noter chaque mot comme si c’était des commandements divins.
Moi, j’écoute mon bon sens, la tradition et la voix de mes ancêtres. J’ai pas besoin d’un vieux barbu en robe de chambre qui doute de tout pour comprendre le monde.
La philosophie ne tardera pas à disparaître, comme toutes les choses qui ne servent à rien. Toutes ces pensées finiront dans des rouleaux oubliés, et on reviendra aux vraies sagesses : celles qui tiennent en un proverbe et un coup de bâton bien placé.
Architecture monumentale
Les architectes se sont mis en tête d’entasser et d’aligner des pierres pendant des dizaines d’années, avec des escaliers qui montent vers le ciel. Alors là, ils sont devenus fous. Ils veulent bâtir des monuments gigantesques, aussi grands que des villages, pour honorer les dieux et enterrer les rois. Mais que de temps, d’efforts et de ressources perdus ! Les dieux n’ont pas besoin de marbre et de colonnes. Une prière suffit ! Quant aux rois, ils sont morts, alors pourquoi auraient-ils besoin d’une maison quand il suffit de les enterrer ?
Un homme n’a besoin que d’une bonne maison qui protège du vent et de la pluie. On n’a pas besoin de fronton sculpté, ni de statues géantes.
Tous ces grands bâtiments finiront en ruines sans personne pour les entretenir. Les générations futures n’y verront que des tas de cailloux.
Calculs de la circonférence terrestre (Ératosthène)
Un Grec s’est mis en tête de mesurer la planète entière avec un bâton et un puits. Il est fou celui-là ! A tous les coups il ne peut même pas marcher jusqu’au bout de la vallée sans perdre son âne ! Tous ces savants croient qu’ils vont cerner le monde comme on cerne un enclos me font bien rire.
Moi, je sais où est le bout du monde : là où le soleil se couche, point. Le reste, c’est des histoires pour impressionner les enfants et vendre des parchemins.
On s’en moquera dans quelques décennies. Le monde est trop vaste, trop mystérieux. Il ne se pliera jamais à des petits calculs.
Invention du verre soufflé
Souffler dans du sable fondu ? Et puis quoi encore ? Pourquoi pas danser sous la pluie pour faire pousser des tasses, pendant qu’on y est ? Le verre c’est trop fin, trop cassant. Ces artisans veulent remplacer nos solides cruches en terre cuite par des bulles transparentes. Et ça fait les malins parce qu’on voit à travers !
Moi, j’aime les choses solides et fiables, qui survivent aux guerres.
Leur verre, ça tiendra jamais. Ça va casser tout de suite, ça va couper les doigts, et il faudra racheter. Les seuls qui vont y gagner, c’est les souffleurs de verre. Les hommes de bon sens préfèreront les bonnes vieilles poteries. Le verre, ça peut marcher un temps, mais ça tiendra pas toute la vie.
Boussole rudimentaire en Chine
Voilà qu’ils ont inventé la boussole : un bout de métal qui montre le Nord. Va savoir ce qu’ils veulent en faire ! Le soleil et les étoiles, ça suffit plus ? Avec ces âneries, on va finir par inventer des machines pour savoir quand il faut se lever le matin ! Ces navigateurs croient qu’ils sont malins avec leur aiguille toute tremblante.
Moi, je me dirige à l’aide de la voûte céleste, je suis le vent et mon instinct. Je n’ai pas besoin de savoir où est le Nord.
C’est encore une mode. Dans dix ans, les aiguilles seront rouillées et les vrais voyageurs suivront à nouveau les signes du ciel.
Poudre à canon (formes primitives en Chine)
Les Chinois ont inventé un mélange qui explose. Mais qu’est-ce qu’ils veulent faire avec ça ? Effrayer les oiseaux On va finir par tout brûler, même les champs, et par incendier les maisons. Ces alchimistes sont fiers de leur « poussière du tonnerre ». Ils jouent aux dieux avec leurs mélanges dangereux.
Moi, quand je veux chasser les oiseaux de mon champ, je mets un épouvantail. J’ai pas besoin de faire de la fumée et du fracas.
Cette poudre à canon, c’est trop dangereux. Un jour, ça leur sautera entre les mains et ils plaindront de ne plus pouvoir travailler. Le vrai pouvoir est dans les bras, pas dans les étincelles.
Retrouvez les autres périodes sur la page suivante consacrée à la contre-histoire de l’humanité.
