NOUVELLE : L’Homme qui n’aimait pas Pascal PRAUD
Résumé
Dans un village tranquille, un problème inattendu s’est installé. Les vieilles dames préfèrent accorder leur attention à des vedettes de la télévision plutôt qu’à leurs maris.
Face à cette menace existentielle, René a décidé de réunir ses vieux amis pour réagir. Pas avec des mots, mais avec un plan.
Un plan simple… Et totalement absurde !
L’idée ? Faire venir Pascal PRAUD, le célèbre journaliste dont s’est entichée sa femme, dans le village pour lui faire passer l’envie de suborner sa femme. Le plus beau, c’est que ce plan a marché !
Découvrez comment Pascal PRAUD va se tirer de ce guêpier à travers cette nouvelle comique que j’ai écrite !
CHAPITRE 9 : Des djihadistes dans le fin fond de la campagne française
À cette heure-ci, Pascal PRAUD était sur Europe 1. René régla son vieux transistor sur la station afin de savoir ce qu’il se disait dans les locaux parisiens.
Il ne fallut pas longtemps avant que l’antenne ne soit coupée de manière impromptue et que les voix des animateurs ne soient remplacées par une musique soporifique.
Lorsque les journalistes furent de nouveau à l’antenne, l’un d’eux annonça que Pascal PRAUD avait dû partir en urgence pour porter secours à trois de ses collègues, faits prisonniers par des djihadistes en Ardèche.
- C’est qui ce Didier Adiste ? demanda candidement Roger.
- Mais c’est vous bande de cons ! ragea Sophie. Vous vous amusez à faire croire à tout le monde que vous êtes des terroristes depuis ce matin. Maintenant voilà, le GIGN va venir vous flinguer et on va y passer en même temps. Vous êtes contents j’espère ?!
Les petits vieux se concertèrent, la mine pleine de gravité. Le GIGN ? Les jeunes Parisiens étaient-ils sérieux ? Ils avaient monté ce coup pour rendre service à René, et ne pensaient avoir affaire qu’à la maréchaussée en cas de pépin. Mais le GIGN ?
– C’est qu’ils rigolent pas ces cons-là, fit remarquer Gaston ! Et ils ont autre chose qu’une vieille 22 Long Rifle.
– Et pourquoi pas l’armée ? tonna Roger pour se moquer. Ces journalistes, ils inventent tout ! Faut pas croire ce qu’ils racontent.
Ces paroles ne les réconfortèrent que peu de temps, car, quelques minutes plus tard, tous les véhicules de gendarmerie du canton encerclèrent le Château de la Mère des Ténèbres. Tout le périmètre était sécurisé.
– Mais qu’est-ce qui se passe ? demanda fiévreusement Gaston qui observait les événements, retranché derrière une fenêtre.
– On a vu ça mille fois, dit Marc. La police locale se déploie et sécurise les lieux.
– Puis, poursuivit Sophie, un groupe d’intervention, comme le GIGN, le RAID, ou les forces spéciales, renforce le dispositif et se prépare à abattre les cibles.
– Ensuite, reprit Marc, un négociateur essaye d’éviter des morts inutiles.
– Et, conclut Jean, si les négociations échouent, et elles échouent toujours, tout le monde meurt.
– Quoi qu’il arrive, expliqua sobrement Sophie, les groupes d’intervention ne sortent pas souvent, alors quand ils mettent le nez dehors faut bien qu’ils se défoulent. Ces mecs, c’est comme des lions en cage. Quand ils sont lâchés dans la nature, y a du sang sur les murs, la moquette et le plafond.
Les vieillards avaient bien un fusil, mais l’arme ne pouvait contenir que deux cartouches à la fois. Avec de la chance, les vieux pourraient recharger et tirer une deuxième salve avant de se faire abattre, mais ils ne sortiraient pas victorieux de cette guerre. Pas avec leurs rhumatismes.
Ils se barricadèrent au rez-de-chaussée, clouèrent quelques planches en travers des fenêtres, déplacèrent les meubles devant la porte principale. Pendant ce manège, les journalistes parisiens leur expliquaient que les hommes du groupe d’intervention passeraient par la cave, le toit ou la cheminée. Ils avaient fait des reportages sur ces unités d’élite. Ils avaient même interrogé des hommes du Commandement des Opérations Spéciales qui étaient passés par des canalisations d’égout pour atteindre leur cible et l’éliminer d’une balle au milieu du front, à équidistance de chaque œil, à trois cent mètres de distance, et sans viser. À les écouter, les petits vieux étaient cuits.
Mais ça ne suffisait pas à les décourager. Ils appartenaient à une génération qui en avait bavé, et ils ne périraient pas sans coup férir.
– Moi je dis, affirma Gaston, avec vingt ans de moins, une arme qui se recharge un peu plus facilement, et des munitions plus abondantes… on s’en sortirait sans trop suer.
– Non mais tu rigoles grand-père ! ricana Jean. En face ils sont déjà dix fois plus nombreux que vous ! Ils ont des armes automatiques avec des munitions qui traversent des parpaings ! Y a aucune réalité dans laquelle vous pouvez vous en sortir.
Roger fit remarquer qu’ils pourraient s’échapper par les tunnels qui passaient sous le château, et qui rejoignaient les catacombes de Saint-Victor. C’était un vrai labyrinthe, là-bas en-dessous, mais ces catacombes aboutissaient à l’église du village.
Mouloud lui rétorqua que les mitrailleurs chercheraient leur trace et finiraient bien par la retrouver. Non, il fallait rester et se battre !
À cet instant se fit entendre un hélicoptère qui atterrit dans le grand jardin de la propriété. Les vieillards se précipitèrent aux fenêtres, mais ils ne virent rien, car l’engin s’était posé de l’autre côté du bâtiment.
Les journalistes pensaient que c’était le groupe d’intervention qui venait d’être déployé, et ils estimaient qu’il leur restait moins de trois minutes à vivre.
Sur ce point-là, ils se trompaient. C’était Pascal PRAUD, costume bleu marine, chemise rose, cravate bleu marine à pois blanc, coiffure impeccable, qui arrivait de Paris.
Chapitre 8 : Comment calmer un journaliste ?
Chapitre 10 : Pascal est arrivé (sans se presser) … et ça va barder
La page dédiée à la nouvelle L’Homme qui n’aimait pas Pascal PRAUD.
