Depuis quinze ans, on nous annonce l’effondrement.
La faillite de la France.
La mort de l’euro.
L’explosion de l’Union européenne.
À chaque rapport de la Cour des comptes, les mêmes titres de miniatures :
“Alerte rouge.”
“Dette hors de contrôle.”
“Spirale incontrôlable.”
Et pourtant…
Le dernier rapport montre une chose presque invisible :
le déficit ne dérive plus.
Les objectifs ont été atteints.
L’amélioration est modeste — 0,4 point de PIB — mais elle existe.
Ce n’est pas spectaculaire.
Ce n’est pas révolutionnaire.
Mais dans un système administratif complexe, stabiliser une trajectoire est déjà un événement.
Alors pourquoi certains économistes continuent-ils d’annoncer l’apocalypse ?
Peut-être parce qu’ils croient que les institutions appliquent leurs propres règles comme des automates.
Or dans la réalité, un système complexe ne se suicide pas par respect dogmatique de ses textes.
Il s’adapte.
Il contourne.
Il temporise.
Aujourd’hui, on va parler de ce biais.
Aujourd’hui, on finit de tailler un costard à Charles Gave, Marc Touati, et à Tom Benoît .
Et on va parler du fantasme du Frexit, qui repose sur la même illusion : celle d’un effondrement salvateur.
