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Squat

Le squat, ou la charité inversée

Auteur21/02/202612/09/2026

Il fut un temps où la charité était un geste volontaire. On donnait alors son pain au pauvre, on ouvrait sa porte au voyageur. C’était un acte noble, choisi, presque sacré, mais la France moderne a trouvé mieux : l’hospitalité obligatoire. Accueillir l’autre n’est plus un choix, mais un devoir moral et légal. On ne tend plus la main, on nous l’arrache. Voilà la véritable innovation républicaine en matière de morale : le propriétaire ne prête plus son bien, on le lui prend avec la bénédiction de la police et des juges. N’importe qui peut voler un bien immobilier, et ce vol est bon, juste et vrai.

Le squat est injuste et immoral

Le squat, c’est l’alchimie de l’injustice. Cela revient à transformer la propriété privée en service public gratuit. L’appartement soigneusement acheté après quarante années de cotisations, ou le pavillon qu’un retraité met en location pendant qu’il part en vacances, deviennent le laboratoire d’une justice inversée : le propriétaire paie, le squatteur parasite profite.

On pourrait croire à une anecdote marginale, une bizarrerie du droit, mais non, c’est une institution très réglementée, très encadrée.
La loi, cette grande prêtresse de l’équité, déroule un cérémonial implacable. En cas de squat, on fait un constat d’huissier, on respecte les délais de procédure, on applique des ordonnances, des appels, des recours. Le temps judiciaire s’étire et s’étire pendant des années. Et chaque mois qui passe est un mois de loyer perdu. Le squatteur, lui, est installé tranquillement. Il a amené sa femme, ses gamins, son clébard, et parfois son antenne satellite. Il transforme l’appartement en forteresse, tout en récitant son catéchisme socialo-communiste. « Le logement est un droit ! » hurle-t-il dès qu’un journaliste lui tend un micro.

Faire justice soi-même : mauvaise idée

Et si le propriétaire exaspéré ose rétablir l’ordre et appliquer la justice, c’est lui qui finit menotté. On appelle ça une « expulsion illégale ». Le monde à l’envers ! L’usurpateur parasite a des droits, le propriétaire légitime a des devoirs.

La gauche, elle, s’empresse d’applaudir. Le squat est devenu son conte de fées social. C’est l’histoire éternelle du gentil pauvre contre le salaud de riche. Peu importe que, dans la réalité, ledit « bourgeois » soit souvent un retraité qui comptait sur ce revenu pour payer son chauffage. Peu importe que le squatteur ne soit pas un miséreux en guenilles, mais souvent un militant endoctriné par une idéologie criminelle. La fable doit rester pure : le riche opprime, le pauvre résiste.

La légalisation du squat

Ainsi naît la légitimation morale de la prédation. L’appartement squatté devient un champ de bataille idéologique. Dans les colonnes de certains journaux, on parle de « lutte pour le logement digne ».

Pendant ce temps, le propriétaire vit une autre réalité : il continue de payer les impôts fonciers, il doit régler les charges, il subit les dégradations. Et quand, après des années de procédures, il récupère enfin son bien, c’est un champ de ruines, entre les murs éclatés, les canalisations détruites, les carreaux brisés, et les câbles arrachés. On ne pouvait pas s’attendre à ce qu’un voleur qui ne respecte pas les lois respecte les murs.

Droit au logement et droit au squat

Voilà donc la charité moderne : ce n’est plus le riche qui aide le pauvre, c’est le propriétaire qui finance le squatteur. On appelle ça le « droit au logement » alors que ce n’est que le droit au pillage validé par la loi républicaine. Et le propriétaire, lui, n’a qu’un seul droit véritable : celui de se taire et de payer.

Retrouvez les différents textes des Nouvelles Mythologies Françaises sur la page consacrée.

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