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On offre des chambres d’hôtels aux Talibans, mais on laisse les Français dans la rue.

Le SDF

Auteur17/07/202626/07/2026

République inclusive

La République se veut inclusive. Personne ne sait vraiment ce que veut dire ce mot, mais ça fait moderne, tolérant, et c’est entièrement compatible avec l’esprit bourgeois. Inclusif, ça veut peu ou prou dire fraternel, de ce qu’on comprend des discours lénifiants des politocards nais qui défilent sur les plateaux de télévision.

Pourtant, il suffit de traverser une gare ou un centre-ville pour voir ce qu’il reste de la fraternité nationale. Faites l’expérience, et vous verrez des corps couchés à même le sol, des silhouettes emmitouflées dans des couvertures crasseuses, des Français invisibles que l’État a rayés de ses statistiques parce qu’ils n’ont plus d’adresse.

Des hôtels pour les Talibans, la rue pour les Français

On nous explique que loger ces gens coûterait trop cher, qu’il y a des « contraintes budgétaires ». Mais les mêmes poches se retournent comme par magie pour financer des cocktails dans les ministères à 300 € la coupe de champagne, des inaugurations où le maire serre des mains sous les projecteurs, des festivals où défilent les copains du show-biz venus se donner bonne conscience en expliquant qu’il faut soutenir les terroristes palestiniens.

Pour le superficiel, il y a de l’argent, du pognon, à ne plus savoir qu’en foutre, mais, pour le SDF, on nous explique d’un ton très paternaliste qu’il faut faire des économies. Le bougre meurt de froid discrètement, sans comité, sans ruban tricolore, sans selfie, sans tweet d’un député LFI.

Le plus triste, comme d’habitude, c’est la génération maudite des boomers qui s’indigne devant la télé de la « pauvreté dans le monde » tout en crachant à la gueule du clochard du quartier chaque matin, quand le pépé va acheter son journal et que la mémé va acheter sa baguette. Le boomer préfère l’étranger au Français ; son lointain à son prochain. Il est beaucoup plus facile de défendre l’idée abstraite de « l’humanité » que de supporter l’odeur de pisse et de sueur du pauvre sur le palier.

On offre des chambres d’hôtels aux Talibans, mais on laisse les Français dans la rue.

Dans le monde réel, la République inclusive n’inclut pas ses exclus. Elle préfère les ignorer. Ce qui explique pourquoi les SDF décorent les trottoirs. Ce sont des rappels silencieux que le système républicain inclusif peut vous abandonner à tout moment. Les SDF ne sont pas seulement des oubliés : ils sont devenus les figurants obligés de la grande comédie politique, les preuves vivantes que les beaux discours n’engagent que ceux qui y croient.

La gauche a abandonné le social

Le SDF incarne l’abandon du social par la gauche, qui s’est réfugiée dans le « sociétal ». On brandit des drapeaux pour Gaza, on parade avec des slogans pour l’Ukraine, on prétend protéger le climat, mais on détourne pudiquement le regard quand il s’agit de tendre une main au charclo du coin de la rue. L’illustration de mon discours, c’est le Palo. Le Palestinien. La victime de choix parmi toutes les victimes de la tragique histoire humaine.

Le Paloche, c’est un symbole pratique. On peut prendre son parti à peu de frais. En son nom, on peut larmoyer dans les médias sans jamais être tenu d’apporter une solution à sa situation. Personne ne s’attend à ce que la gauche règle le conflit entre les Hébreux et les terroristes gazaouis. Cette gauche ne rendra donc jamais le moindre compte sur ses résultats pratiques dans la réalité, sur le terrain. En revanche, si cette gauche annonçait qu’elle allait sortir les SDF de la rue, il lui faudrait assumer chaque raté, chaque échec, et justifier l’augmentation de la pauvreté qui ne s’en finit pas de crever des plafonds année après année. Et ça, c’est trop risqué pour un arriviste de la politique qui veut bouffer sur le dos du contribuable. Mieux vaut sauver la planète que de donner un toit à Pierrot le clodo.

Préférer le lointain à son prochain

Le sociétal est un refuge confortable. Défendre les droits LGBT à la télé, c’est plus valorisant que financer des toilettes publiques. Débattre sans fin sur l’écriture inclusive, c’est plus simple que créer des lits d’hôpitaux. Accueillir les enfants soldats du tiers monde, c’est noble et international, tandis qu’accueillir son voisin ruiné c’est sale et peu valorisant dans les dîners mondains du petit monde parisien. Le sociétal donne une auréole de sainteté, tandis que le social impose des responsabilités.

Et on ferait pareil, si on était à la place de ces tartuffes. Imaginons qu’une entreprise recrute deux personnes, pour un salaire identique. Le premier poste est technique, et imposera au futur employé d’augmenter de 10% le chiffre d’affaires annuel de l’entreprise. Le second poste est un rôle de figuration qui imposera de participer à des salons de l’emploi pour mettre en avant la posture inclusive de l’entreprise. A quel poste candidaterait-on ? Nous choisirions tous le second, afin de gratter un salaire confortable sur le dos des travailleurs productifs.

Le SDF est ainsi le symbole de cette lâcheté politique : il est là, il attend, il crève à deux pas des mairies et des préfectures, mais on préfère pointer la caméra vers des causes mondialisées, car personne ne s’attend à ce que nos politiciens, artistes et intellectuels obtiennent des résultats concrets sur des sujets aussi lointains.

Retrouvez les différents textes des Nouvelles Mythologies Françaises sur la page consacrée.

Retrouvez la playlist sur YouTube.

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