NOUVELLE : L’Homme qui n’aimait pas Pascal PRAUD
Résumé
Dans un village tranquille, un problème inattendu s’est installé. Les vieilles dames préfèrent accorder leur attention à des vedettes de la télévision plutôt qu’à leurs maris.
Face à cette menace existentielle, René a décidé de réunir ses vieux amis pour réagir. Pas avec des mots, mais avec un plan.
Un plan simple… Et totalement absurde !
L’idée ? Faire venir Pascal PRAUD, le célèbre journaliste dont s’est entichée sa femme, dans le village pour lui faire passer l’envie de suborner sa femme. Le plus beau, c’est que ce plan a marché !
Découvrez comment Pascal PRAUD va se tirer de ce guêpier à travers cette nouvelle comique que j’ai écrite !
CHAPITRE 5 : Mouloud ne boit plus de vin et ne mange plus de saucisse
Le couple de boulangers expliqua, un sourire maladroit en travers de la bouche, que oui, ils avaient reçu l’interdiction de vendre des bûches de Noël de la part de Momo, l’Arabe du coin, qui avait tourné casaque et qui faisait régner la terreur en promettant des décapitations à tous ceux qui ne prenaient pas ses mises en garde au sérieux.
C’était surtout René qui donnait les explications. Le couple d’artisans se contentait d’acquiescer, sans pouvoir s’empêcher de sourire face à la première caméra de télévision qu’ils voyaient de leur vie.
Toutefois, lorsque le journaliste demanda à René de rester à l’écart de la conversation pour qu’il puisse recueillir le témoignage des intéressés, le visage des boulangers devint soudainement soucieux. Une moue de gêne se dessina sur leurs traits, et leur bouche souriante s’entrouvrit pour ne plus se refermer avant la fin de l’interview.
- Allez-y, fit Jean, je vous écoute.
- Hum, euh… Oui, balbutia le boulanger en jetant des coups d’œil dubitatifs à René et à son équipe. C’est ça.
- C’est comme René il a dit, fit sa femme.
- D’accord, enchaîna Jean, mais donnez-nous un peu plus de substance. On coupera les blancs au montage, ne vous inquiétez pas. Comment ça a commencé ?
- Ah, reprit le boulanger, alors en fait… Au début Momo il était comme nous. Il est venu du Maroc y a… pfiou, des lustres. Il est d’ici maintenant. Il a toujours trinqué avec nous. Il jouait aux cartes avec nous, il mangeait comme nous. Il faisait tout comme nous. C’était un Saint-Victorien. On allait même au bordel ensemble à la Fistinière de Saint-Vit, alors vous pensez ! Enfin on allait, c’est l’expression… Les gars y allaient. Moi j’avais déjà ma femme, mais les gars y allaient et le Momo il y allait aussi. Et puis… un jour il arrive dans la boulangerie. Il me hurle dessus. Je lui rappelle la politesse et je lui demande ce qu’il veut. Et là il me dit « Oh dis donc toi ! Tes bûches là… C’est pas casher ça dis donc ! Faut les ranger et plus vite que ça hein ! » Alors là je me dis « Mais il est con ou quoi ce con ? Où je peux bien les ranger mes bûches ? Faut que je les vende, ça va pas se faire tout seul, et je vais pas les vendre en les gardant sous un linge comme sa bonne femme qu’il avait déjà mise sous une tente Quechua ! » Donc on gueule et limite on s’empoigne à la fin. Et il conclut en me disant que mes bûches, je peux me les ranger dans le cul… Non ! Alors ça non !… On ne se met pas les bûches dans le cul, mon bon monsieur, c’est pas fait pour ça. C’est du travail. J’y ai passé du temps, moi. C’est pas respectueux pour le travail de l’artisan et c’est pas respectueux pour les clients qui les aiment mes bûches. Et là il me dit « Je vais te décapiter, je vais te décapiter. » Et c’est là où j’ai compris que quelque chose n’allait pas. Parce qu’on ne décapite pas les gens, voyons ! Et en discutant de ça avec René, qui est là, que vous pouvez interroger, on s’est dit : « C’est de la radicalisation islamiste ! » Je m’en souviens encore, on a prononcé les mots magiques. Et là, me dit René, il faut faire intervenir Pascal PRAUD parce que c’est trop grave. On peut pas laisser passer ça. Alors René, si tu veux reprendre la parole, c’est le moment. Je propose qu’on questionne René. René, si tu veux bien venir et prendre ma place…
- Non non ! s’écria Jean. C’est vous qu’on veut entendre. Vous êtes les témoins. Je vais maintenant poser des questions à votre femme. Madame, vous êtes la vendeuse de l’établissement. La boulangerie, tout le monde y passe, c’est une institution. Vous connaissez tout le monde à Saint-Victor. Vous connaissez certainement ce Momo. Peut-être pourriez-vous nous donner son prénom complet. On suppose que c’est pas Maurice. Mohammed, peut-être ?
- Mouloud.
- Ah, Mouloud ?… Mouloud, Momo. D’accord, donc … Momo. Comment expliquer ce changement en lui ? Comment l’avez-vous vu évoluer ?
- Ah non c’est inexplicable ça, Monsieur. Il a piqué un coup de sang un beau jour et il n’y avait pas de signe avant-coureur. Il a dû se radicaliser sur Internet. Vous savez maintenant les jeunes avec leurs réseaux sociaux, ils subissent un vrai lavage de cerveaux et ils se radicalisent en groupe, mais dans leur coin, dans leur chambre, avec leur appareil. On ne soupçonne rien et un jour ils deviennent fous.
- Mais quel âge a-t-il, ce monsieur Mouloud ?
- Oh !… dit le mari. Moi je dirais qu’il a bien ses soixante-dix-ans quand même.
Jean mit du temps à assimiler cette information et à y réagir.
- D’accord, fit-il. On a donc un jeune homme de … soixante-dix-ans ? Qui se radicalise dans sa chambre avec les réseaux sociaux, sur son téléphone, c’est bien clair. Et alors…
Jean chercha de l’inspiration pour mener la suite de l’interview, mais cela était difficile. De bon matin, après 15 heures de route, avec un simple café dans l’estomac, ses ressources étaient limitées.
- Alors, ils sont combien en tout, ces islamistes qui font régner la terreur dans votre charmant village, chère Madame ?
- Ah non y a que Momo.
- Oui, renchérit le mari, il est tout seul.
Jean, dépité, se tourna vers René dans l’espoir de trouver du sens à la situation dans son regard, mais le vieux se contentait d’acquiescer en souriant. Il se retourna alors vers ses collègues, qui partageaient son désarroi et qui lui proposèrent discrètement de quitter le commerce.
Une fois à l’extérieur, le journaliste n’eut pas le temps de faire le tri dans ses pensées. René lui proposa de le conduire auprès du dénommé Mouloud pour qu’il puisse faire son portrait.
La journée de Jean était déjà gâchée. Il se dit qu’il ne perdait rien à rencontrer le dangereux pépé converti.
Chapitre 4 : Embuscade tendue à Pascal PRAUD pour la Noël
Chapitre 6 : Il a dit « Allah Akbar » ?
La page dédiée à la nouvelle L’Homme qui n’aimait pas Pascal PRAUD.
