Des Français comme vous et moi
La France se raconte depuis des décennies la fable universaliste de l’intégration. Intégration ou assimilation, peu importe ; le cœur du mythe est le même.
Il suffirait de faire découvrir aux immigrés extra-européens les Lumières, Victor Hugo, la laïcité et la République, pour qu’ils renoncent à leurs croyances, leurs traditions, leur histoire et leur vision du monde pour qu’ils deviennent automatiquement des Français « comme vous et moi ».
Ce mythe est très profondément enraciné dans la culture française. C’est un reliquat du colonialisme. Ca semble gentil et tolérant quand on regarde ça de loin, comme toutes les idées républicaines, mais c’est extraordinairement méprisant quand on s’y penche sérieusement.
La civilisation contre les sauvages
Le postulat de l’intégration, c’est que la France est le seul pays civilisé. Tout ce qui est extérieur à la France n’est que folklore, superstition ou archaïsme. L’intégration est une manifestation du paternalisme colonial.
L’intégration part littéralement du postulat que les non-Français n’ont rien compris, que ce sont des débiles mentaux, et que seule la culture française a de la valeur.
Je vais le démontrer.
Un héritage colonial bien dissimulé
L’idée de l’intégration n’a jamais été neutre. Elle dit en creux : “tes valeurs sont inférieures aux miennes, tu devrais donc adopter mes valeurs. ” Le discours n’est plus aussi brutal qu’à l’époque coloniale où on éduquait les indigènes à coups de triques, mais le fond reste résolument identique.
Et ça explique aussi pourquoi les descendants d’immigrés engagés à gauche finissent par détester la France et le Blancs.
La France n’impose plus le catéchisme, mais la République impose la laïcité comme dogme. On ne brandit plus le crucifix, mais les discours de Jaurès, de Léon Blum, ou les vers de Victor Hugo. C’est un changement de forme, mais pas de fond. On a gardé la cette certitude que le salut passe par les valeurs françaises.
Intégration et valeurs républicaines
Parce que le principe de l’intégration, c’est de présenter les valeurs républicaines aux nouveaux arrivants. Un peu comme on le ferait au marché. Le vendeur étalerait ses valeurs sur le stand, et il dirait au client, donc à l’immigré : « Regarde un peu ce que j’ai ! C’est quand même mieux que ce que t’as toi, non ? Alors abandonne tes valeurs de merde et prends les miennes. »
L’universalisme à la française, l’intégration, c’est pas du tout l’ouverture à l’autre. C’est absorber, effacer, remplacer, formater. L’immigré idéal, c’est celui qui dit au marchand : « Mais les valeurs républicaines c’est trop de la balle mec ! C’est l’apogée de l’humanité ! Ok je renonce à mes racines et je renais en tant que Français. L’intégration attend que l’immigré se convertisse, qu’il se repentisse presque d’avoir vécu jusqu’à présent dans l’ignorance de la République.
Pourquoi l’intégration ne marche pas
Le problème, c’est que l’intégration ne peut pas fonctionner quand on fait venir des masses colossales. Ça peut marcher avec un petit nombre, avec des individus, mais pas avec des peuples. L’intégration n’a jamais fonctionné en réalité. On voit bien que les vagues migratoires des années 60-70 ont donné naissance à des générations qui ont cherché à retrouver les valeurs de leurs origines. Et plus la France les pressait d’adopter les valeurs républicaines, plus le rejet était important.
On prétendait que les enfants d’immigrés deviendraient “plus français que les Français”. Résultat : ils sont souvent moins français que leurs grands-parents, qui au moins respectaient la France par peur ou reconnaissance. Les petits-enfants, eux, n’ont ni peur ni dette. Ils ont grandi dans un pays qui nie leur identité profonde et qui les oblige à adopter les valeurs de la République. Dans l’imaginaire des représentants de l’Etat, comme les profs ou les politiciens, la République c’est ce qu’il y a de mieux sur terre. Il faut donc devenir français. C’est une nécessité absolue. Ne pas être français, c’est comme ne pas savoir lire et écrire. Faut être con pour refuser une chance pareille.
Le refus de l’intégration
Ça ne vient pas à l’esprit des Républicains que les immigrés pourraient refuser de s’intégrer. Après tout, ils font partie d’un peuple qui a une antériorité, une histoire, une culture, un passé. Mais pour le Républicain, cette identité première n’a pas d’intérêt. Elle n’existe pas. Elle est folklorique. Quiconque étant pourvu d’un minimum de rationalité ne peut que jeter à la poubelle son héritage culturel pour embrasser les valeurs françaises.
Et même quand les descendants d’immigrés, les enfants de 3e ou de 4e génération disent haut et fort qu’ils niquent la France, les clercs de la République ne comprennent pas le message. Les jeunes, on leur a juste mal expliqué. On leur a pas assez lu Victor Hugo. Faut rajouter une couche d’enseignement de la laïcité et ils vont voir que leur culture identitaire pue la merde et qu’ils doivent devenir des Français.
Le racisme derrière l’intégration
Ce discours républicain, assimilationniste, est infiniment plus raciste que les propos les plus racistes du mec le plus alcoolisé du PMU le plus pourri de France. Le raciste reconnaît les différences culturelles ; il reconnaît l’existence des autres cultures, mais il n’en veut pas chez lui. Le Républicain nie l’existence des différences culturelles. Pour un vrai Républicain, un Algérien qui revendique son identité algérienne, c’est mignon, ça va cinq minutes, mais l’Algérien a vocation à devenir un Français, à abandonner l’Islam et à citer Voltaire.
Cette attitude paternaliste explique peut-être pourquoi les descendants d’immigrés détestent autant la France. Au-delà des différences de croyances, pour eux, la France c’est une volonté politique de destruction de leur identité. Tous les représentants officiels de la France, à savoir les enseignants, les politiciens, les journalistes, demandent aux immigrés de renier ce qu’ils sont pour épouser les valeurs de la République.
L’intégration à quoi ?
D’ailleurs, les valeurs de la République, je n’ai jamais su ce que c’était. J’étais censé les enseigner quand j’étais prof, mais je n’ai jamais compris ce que ça voulait. Plusieurs collègues étaient dans le même cas. Quand on cherche des informations là-dessus, on tombe sur des grands principes, de la bonne moralité, des discours creux, mais il n’y a rien de concret derrière. Ça ne veut rien dire. On demande donc à des enfants d’immigrés d’abandonner leur culture pour épouser des idées molles qui ne s’incarnent pas.
Une radicalisation identitaire prévisible
Quand on prend ça en compte, la radicalisation des jeunes musulmans en France s’explique très simplement. Ça n’a rien à voir avec la pauvreté, Internet, ou l’endoctrinement religieux. En réalité, c’est une révolte contre l’intégration elle-même. C’est une insurrection culturelle contre le lavage républicain des cerveaux, contre le dogme égalitariste, contre la prétention française à définir le Bien et le Vrai.
Personne n’a envie de se séparer de l’identité de ses aïeux au nom d’un projet républicain qui n’est même pas défini. Allez lire les sites gouvernementaux qui parlent de la République et des valeurs républicaines. C’est un prêchi-prêcha de mauvaise philosophie abstraite qui repose sur des intentions bien pensantes molles. Nous, en tant que Français Blancs, on n’a pas le choix, on n’a aucun autre modèle, mais les descendants d’immigrés ont un modèle auquel se rattacher.
La radicalisation n’est pas l’importation d’un mal étranger. C’est le rejet d’une opération de manipulation ratée. C’est le résultat logique d’un système qui a cherché à faire rentrer dans un moule des gens qui étaient déjà dans un autre moule.
Victor Hugo, et les bienfaits de l’intégration
Le plus grand aveuglement de la République, c’est de croire que ses valeurs sont universelles, qu’elles vont naturellement triompher de toutes les autres à condition de les enseigner dans des écoles où tout le monde est censé vénérer Marianne.
Selon ce mythe, il suffirait de lire du Victor Hugo aux gamins extra-européens pour leur faire oublier leur culture.
Prenons 30 secondes pour analyser le niveau de mépris d’une telle affirmation. L’Islam n’est pas une croyance anecdotique inventée hier matin. C’est une religion structurée vieille de 1400 ans, qui a x fidèles et qui est la religion officielle de x pays.
Et quelques pages de Victor Hugo sont censées faire prendre conscience à toutes les musulmanes de la terre qu’elles doivent enlever leur voile parce que c’est pas laïc ? On est chez les dingos. La France est une terre d’asile psychiatrique.
D’ailleurs, on retrouvait cette logique avec les processus de déradicalisation des djihadistes. On leur faisait caresser des hamsters, on leur parlait avec bienveillance, et le programme incluait certainement des séances collectives de lecture de Victor Hugo. Parce que, quelqu’un qui planifie des attentats en France au nom d’une religion, c’est forcément un simplet dans l’esprit des Républicains. Le mec a pas compris. On lui a pas expliqué les valeurs de la République. On lui a pas assez lu Victor Hugo. On va lui réexpliquer ce qu’est la laïcité, on va lui refaire tout l’historique de la construction républicaine, on va saupoudrer ça avec des citations de Victor Hugo et il va redevenir un Français comme vous et moi.
Le mépris derrière l’intégration
C’est d’un mépris dont seuls les Républicains bien-pensants ont le secret. On est dans le colonialisme pur et dur. Les Républicains pratiquent, grâce au commerce de leurs valeurs, une nouvelle forme de mission civilisatrice. La République c’est le camp de la civilisation et tout le reste c’est le camp des sauvages, quand on comprend les propos de Cohn-Bendit.
Et on comprend pourquoi les immigrés engagés à gauche sont à ce point anti-France. Ils ont côtoyé des Cohn-Bendit toute leur vie, et ces Cohn-Bendit ont passé leur temps à leur expliquer à quel point la République c’était formidable et que leur culture d’origine c’était de la merde. Quand on fréquente pendant des années des colonialistes de la sorte, on ne peut que les haïr. Et comme on ne connaît qu’eux, on se dit qu’ils représentent toute la France.
Les immigrés sont un électorat captif. La gauche leur a mis le grappin dessus dès le début en leur disant qu’ils étaient d’éternelles victimes, des persécutés, des incapables, que la droite était remplie de méchants racistes, et que seule la gauche pouvait les aider. Au final, ils ont passé des décennies à entendre des vieux républicains paternalistes leur expliquer à quel point la laïcité c’était l’apogée de la philosophie humaine et qu’ils devaient à leur tour devenir des bons petits soldats républicains. Tu m’étonnes qu’ils ont envie de cramer la France aujourd’hui.
Peut-on sortir du déni ?
Tant que la France croira qu’elle est le centre du monde, que sa culture est supérieure et que tout immigré doit s’y fondre pour être “sauvable”, elle continuera à produire en masse des déracinés qui voudront détruire la France en retour. Ce n’est pas un problème de pédagogie, mais d’arrogance. D’arrogance civilisationnelle.
L’intégration-assimilation est un vieux mythe colonial reconditionné que Zemmour a essayé de nous revendre pendant les présidentielles de 2022.
Ça ne marche pas. Quand on fait venir des millions d’immigrés qui ne partagent ni notre culture, ni nos valeurs, ni nos mœurs, ni notre histoire, le pays change et devient quelque chose d’autre. Les nouveaux venus ne veulent pas subir de colonisation mentale, de viol moral.
Si les Républicains ne sont pas d’accord, qu’ils cessent de faire venir ces populations extra européennes.
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